Haro sur le crédit renouvelable !

Jusqu’à ce qu’on apprenne que la Banque de France nous imagine en récession au 3ème trimestre 2012, c’était LE volet économique de ce début de semaine. Blog Crédit se devait de poursuivre cette saga très « je t’aime… moi non plus » qui lie les français au crédit renouvelable.
Décryptage.

En juillet 2010, la mise en place la loi Lagarde laissait présager une clarification du rôle et de l’utilisation du crédit renouvelable auprès des consommateurs, mais aussi des distributeurs. L’occasion pour tous de mettre en valeur le caractère certes efficace de ce type de financement, mais aussi les risques de surendettement qui en découlent. Des risques notamment liés aux taux d’intérêts extraordinairement élevés (proche des 20%) et au principe de remboursement permanent des sommes utilisées.Pour autant les effets de cette réforme du crédit aux particuliers ont connu très vite leur limite, et la mise en pratique des nouvelles techniques de distribution s’est révélée plus que discutable.
Assez à l’affût sur ce sujet brûlant, les associations de consommateurs sont montées au créneau. Leurs observatoires ont révélé que les techniques de distribution n’avaient guère changé, toujours en défaveur d’un client mal ou peu informé.

Le crédit renouvelable s’est ensuite retrouvé mêlé aux promesses des présidentiables de mai 2012. Le Président élu : François Hollande a fait de l’encadrement du crédit revolving une de ses missions phares, menée aujourd’hui par son Ministre délégué à l’Économie sociale, Benoît Hamon.

Pourquoi le crédit renouvelable pose-t-il problème ?

Renouvelable, revolving, réserve d’argent… Voilà un crédit à identités multiples qui suscite beaucoup d’attention. Mis en place pour faciliter les achats conséquents en magasin ou permettre une certaine marge de souplesse financière disponible à tout moment pour les particuliers, le credit renouvelable est loin de faire aujourd’hui l’unanimité.
Son problème : son caractère facile d’accès (en magasin par exemple) est un facteur de liberté incitant très vite le client à signer. C’est également le côté « réserve d’argent » qui attire en ces temps de crise. Il est pourtant associé à des taux d’intérêts avoisinant les 20% ainsi qu’à un fonctionnement de remboursement automatique qui dérangent.
Car en plus de favoriser le surendettement, il reste aujourd’hui trop facilement accessible à toutes les bourses – même les moins fournies – et ce malgré les dispositions prises par la loi Lagarde en 2010.

Le crédit renouvelable, mort programmée ?

Les voix des associations de consommateurs continuent de s’élever contre le crédit renouvelable, qu’elles qualifient même de « revolver » tant sa propension à se retourner contre son utilisateur est forte.
Les ménages aux budgets les plus faibles se retrouvent souvent avec cet outil de financement entre les mains, ne sachant pas comment le gérer au mieux pour ne pas se laisser submerger par son coût trop élevé. Le risque de se retrouver en situation de surendettement est alors plus que présent, un crédit en entraînant un autre il est facile de perdre pied.

En juin dernier, le Sénat lui-même avait fait entendre sa désapprobation face à la gestion de la distribution de ce type de crédit, prônant un renforcement de la loi Lagarde. Ainsi les critères d’obtention seraient une fois de plus renforcés et des procédures de contrôle très sévères seraient mises en place. Si l’emprunteur ne peut pas être responsabilisé davantage, ce sera donc au prêteur de devenir encore plus transparent et meilleur conseiller.

Côté prêteur justement, c’est une tout autre vision. L’Association Françaises des Sociétés Financières (ASF) publiait au second semestre 2012 un communiqué de presse faisant état de l’impact négatif de la loi Lagarde sur la distribution du crédit renouvelable. Elle totalisait une chute de -12% des souscriptions de crédits par les particuliers sur l’année 2011. On apprend également que le nombre de résiliation s’est accéléré (+13% entre le 3ème trimestre 2010 et le 4ème trimestre 2011).

Autant dire que nous allons être nombreux à suivre le travail de Monsieur Hamon à ce sujet. Difficile aujourd’hui d’imaginer qu’un équilibre quelconque puisse être trouvé et de dessiner l’avenir du crédit renouvelable parmi les produits financiers français.

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  1. Le crédit renouvelable (ou revolving) est une véritable horreur. Ca amène la plupart du temps à des situations de surendettement assez terribles.

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