Prêts à marier ?

Et si le crédit s’invitait le jour de votre mariage ?

Les jours de mariage, lorsqu’on sort de la mairie, on n’est plus tellement sûr de vouloir crier
« vive les mariés ! ». Pourtant, se marier est une belle chose, c’est joyeux, un instant de vie des plus positifs… Mais depuis le mois de mai 2011, le discours des cérémonies a changé et teinté celles-ci d’une touche quelque peu sombre. La fête n’est pas gâchée. Elle est moins légère.Cette touche, on la doit à Christine Lagarde qui, mettons-le à son crédit, a œuvré pour prévenir le surendettement et venir en aide à ses victimes, en faisant voter la loi du 1er mai 2011 portant réforme du crédit à la consommation.

Une des mesures résultant de la loi Lagarde va en effet particulièrement loin dans la prévention du surendettement, puisqu’il est acquis désormais que nos maires et mairesses doivent lire l’article 220 du code civil durant les cérémonies de mariage de leur commune.

L’article 220 ? : « Chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet l’entretien du ménage ou l’éducation des enfants : toute dette ainsi contractée par l’un oblige l’autre solidairement.
La solidarité n’a pas lieu, néanmoins, pour des dépenses manifestement excessives, eu égard au train de vie du ménage, à l’utilité ou à l’inutilité de l’opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers contractant.

Elle n’a pas lieu non plus, s’ils n’ont été conclus du consentement des deux époux, pour les achats à tempérament ni pour les emprunts à moins que ces derniers ne portent sur des sommes modestes nécessaires aux besoins de la vie courante. »

Une note sombre et moralisatrice sur la vie à deux, sur la signification pratique de l’union entre deux êtres. Étrange tout de même de formuler, en pareille circonstance, que la solidarité n’a pas à être totale. Un enseignement somme toute peu en accord avec les fondamentaux du mariage, mais qui promet aux plus indépendants des époux une certaine dose de liberté. Pour les autres, on sent l’angoisse qui monte, on entend l’assemblée qui murmure : ces tourtereaux sauront-ils gérer leurs finances ?

Finalement le trouble-fête n’est pas tant l’article 220 – qui existe depuis longtemps et est tout à fait fondé – que son invitation forcée dans les cérémonies. Mais soit ! La mise en place de cette mesure est implicitement destinée à résoudre le problème du surendettement des foyers français. On y croit.

Exit l’insouciance des mariages d’antan. Aujourd’hui on parle vrai, on parle pratique, on parle des lendemains qui fâchent et du surendettement ! Voilà ce que c’est de se marier aujourd’hui ! Espérons juste que cette idée ne fasse pas trop de petits. Alors les futurs mariés s’entendraient réciter les textes sur les assurances vies, les clauses d’indemnisation en cas de décès du conjoint, ou encore la responsabilité en cas d’acte criminel…

Heureusement, nous n’en sommes pas là. Alors « Vive les mariés » !

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  1. lasius7,

    Je ne suis pas convaincu que de réciter aux époux l’article 220 les transforment en écureuils…

  2. Pret Taux Zero,

    Je ne suis pas sûr non plus de bien comprendre l’utilité de cette réforme… Un peu glauque, non ? Surtout en pleine cérémonie… Et puis, le jour J, on a quand même autre chose à penser !

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