La consolidation de crédits, un métier qui ne manque pas d’ « R » !

r-comme-refinancement-rachat-de-credits-regroupement-de-dettes-restructuration-de-creances« Rachat de crédit », « Regroupement de prêts », « Restructuration de créances », « Refinancement »…
Autant de termes pour désigner la technique et le métier de la consolidation de crédits.
Alors, comment s’y retrouver, et que désignent tous ces termes ?

En tant que professionnels du crédit, nous utilisons plusieurs termes techniques pour désigner le rachat de crédit : regroupement de crédit, rachat de créances, restructuration de dettes, refinancement, etc…
Aucun de ces termes ne prévaut sur un autre. Certains sont privilégiés au sein de tels ou tels établissements bancaires, d’autres utilisés par des courtiers indépendants… La publicité, quant à elle, met surtout en avant les termes « rachat de crédit » et « regroupement de crédits ». Face à cette pléthore de vocables, le particulier pourrait s’interroger : tous ces termes recouvrent-ils des réalités différentes ? Tentons de décrypter les définitions de ce secteur d’activité.

Consolidation, restructuration, rachat, regroupement, refinancement : kesako ?

Commençons par le commencement : la solution que nous tentons de définir est avant tout une solution de financement (avec un taux d’intérêt), au même titre que tout autre type de crédits.
Mais cette solution présente deux différences majeures avec les solutions de financement « classiques » mieux connues du grand public (crédit immobilier, crédit consommation, prêt projet…) :

1- L’objectif : assainir votre budget

Tout d’abord, la consolidation de crédits ne répond pas qu’à un besoin de financement d’un achat (maison, équipement, biens de consommation…) ou d’un projet (voyage, création d’entreprise, études…). La consolidation de crédits consiste avant toute chose à « assainir » une situation budgétaire. Le rachat de crédits intervient souvent comme une solution à un endettement excessif en ceci qu’il permet de transformer une dette court terme à un taux élevé (et mensualités élevées !) en une dette plus long terme à un taux plus avantageux (et mensualités réduites).

Le premier intérêt de la consolidation de crédits est donc de ramener votre endettement mensuel à un niveau « sécurisant », c’est-à-dire en-dessous ou au plus près des désormais célèbres « 33% de taux d’endettement mensuel ». En effet, si les mensualités de remboursement de vos différents crédits représentent 50%, 60%, voire 70% ou 80% de vos revenus mensuels, il y a de grandes chances que votre « reste à vivre » (ce qu’il vous reste après paiement de vos mensualités de remboursement) ne vous permette plus de couvrir toutes les dépenses de la vie courante (alimentation, habillement, électricité, télécom, déplacements, impôts…) et – bien pire – de faire face à des dépenses imprévues (réparations, soins…) ou à une perte subite de revenus du fait d’un « accident de la vie » (perte d’emploi, divorce…).

En ce sens, le rachat de crédits est bien un instrument d’optimisation budgétaire, permettant de réduire la part du budget accordée au remboursement des prêts et, par voie de conséquence, de retrouver du pouvoir d’achat.

2- La méthode : agir sur vos dettes en cours

Ainsi donc, contrairement aux autres solutions de financement, la consolidation de crédits n’est pas un financement ex nihilo, mais bien une solution qui prend en compte et affecte les prêts que vous avez déjà contractés et que vous êtes toujours en train de rembourser. C’est la deuxième différence majeure. Alors, comment ça marche ?

i) L’ensemble de vos crédits sont d’abord « rachetés » par un organisme bancaire spécialisé, c’est-à-dire qu’il rembourse « cash » la somme des capitaux restant dus à vos différents créanciers (en s’acquittant des pénalités de remboursement anticipé, s’il y en a). A ce stade, vous n’avez donc plus qu’un seul nouveau créancier à rembourser – c’est le premier avantage, concourant à faciliter la gestion de votre budget !
>> Pour cette raison, on parle de « rachat de crédits ».

ii) En contrepartie donc, cet organisme bancaire vous octroie un nouveau prêt unique, le seul que vous aurez à rembourser dorénavant – c’est le deuxième avantage, concourant à faciliter la gestion de votre budget !
>> Pour cette raison, on parle de « regroupement de crédits ».

iii) Pour que l’opération ait un sens (sinon à quoi bon ?), ce nouveau prêt devra peser beaucoup moins lourd qu’auparavant dans votre budget mensuel ; et pour ce faire, l’organisme bancaire prévoira une durée de prêt plus longue et un taux plus avantageux, afin de réduire vos mensualités (de 30 à 60% !) – c’est le troisième avantage, permettant l’assainissement de vos finances mensuelles !
>> Pour cette raison, on parle de « restructuration de crédits », ou encore de « réaménagement de crédits ».

iv) Enfin, non seulement l’opération vous permet de retrouver un réel pouvoir d’achat (du fait de la franche réduction de vos mensualités), mais vous pouvez aussi pallier aux dépenses repoussées, anticiper les dépenses imprévues, couvrir le découvert qui grossissait… tout simplement en prévoyant d’intégrer, en amont, une somme d’argent supplémentaire (on parle parfois de « trésorerie ») dans votre nouveau capital à rembourser. Cette précaution permet très souvent de solutionner le plus urgent, et de « repartir » sur des bases saines – c’est le quatrième avantage, permettant l’assainissement de vos finances personnelles !
>> Pour toutes ces raisons, on parle de « refinancement ».

Quid du terme « prêt hypothécaire » ?

La nature des prêts rachetés n’influe pas sur la définition finale. Le rachat de crédit désigne aussi bien un regroupement de prêts immobiliers qu’un regroupement de crédits à la consommation, de découverts bancaires, de cartes de paiement ou de crédits revolving.

Le prêt ainsi mis en place peut prendre deux formes : il s’agit soit d’un prêt hypothécaire soit d’un prêt sans garantie.

Le prêt hypothécaire qui, de plus en plus, se fait connaître comme solution de rachat de crédit, peut également désigner un prêt hypothécaire unique finançant un projet nouveau et non le solde d’autres crédits. Il ne peut donc pas être utilisé comme terme générique pour désigner l’activité de rachat de crédit. Au même titre que le crédit sans garantie qui désigne également tout type de crédit souscrit sans garantie hypothécaire.

Des « R » de jeunesse !

Nous pouvons donc ainsi résumer l’activité ou le produit « rachat de crédit » en la réalisation d’un crédit unique qui va solder d’autres crédits.

Il est ensuite difficile de donner priorité à un terme plutôt qu’un autre, tant l’activité est jeune. Pour illustrer la difficulté à définir ce type de projet, voici une petite liste des différents termes utilisés :

  • Rachat de crédits
  • Rachat de prêts
  • Rachat de dettes
  • Rachat de créances
  • Regroupement de crédits
  • Regroupement de prêts
  • Restructuration de dettes
  • Restructuration de créances
  • Consolidation de crédits
  • Consolidation de dettes
  • Réaménagement de crédits
  • Optimisation de crédits
  • Refinancement

Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive et vous pouvez rencontrer des appellations encore plus complexes. Cette activité étant restée confidentielle jusqu’à récemment (à peine quelques années), aucun terme n’a été privilégié par rapport à un autre. Les termes « rachat de crédit » et « regroupement de crédits » sembleraient se distinguer dans certaines publicités à destination du grand public. Mais rien n’est définitif. Ce marché évolue très vite.

« Refinancement » : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Dans la plupart des cas, l’activité est décrite par l’action dans un premier temps (racheter, regrouper, consolider), puis par l’objet de cette action (les crédits, les prêts, les dettes, les créances).

Le terme « refinancement », quant à lui, a cet avantage unique de communiquer, en un seul mot, à la fois l’objet (les finances), l’action (refaire/revoir le financement), et enfin le bénéfice final (vous êtes refinancé… vous avez retrouvé du pouvoir d’achat !).

Il est probable que d’ici peu de temps la démocratisation de ce secteur d’activité verra émerger un terme plutôt qu’un autre et qu’il sera plus facile de s’y retrouver. Pourquoi pas « refinancement » ?

  1. Cédric,

    Excellent article! J’ai fait ma petite recherche sur le sujet des prêt de consolidation et je dois avouer que ces prêts ne sont pas très arc-en-ciel. C’est plûtot du côté sombre. J’ai lu un autre article sur ce sujet: http://www.jetaide.com je crois qu’il complémente assez bien le vôtre, pour ceux qui ont besoin de plus d’aide!

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