Ces femmes victimes du surendettement

Mercredi 10 décembre 2008, Fabrice Fouché, responsable du pôle Restructuration de Crédits chez CREDIT IMMOBILIER DIRECT, participait à l’émission « Féminin Singulier », présentée par Kenza Braiga, consacrée ce jour-là à « ces femmes victimes du surendettement« .

Jean-Jacques Defaix, président de l’AACAB (Association d’Aide Contre les Abus Bancaires), était l’invité principal, intervenant en fil rouge tout au long de l’émission.

Vous pouvez écouter ou reécouter un extrait de l’émission en cliquant sur le lecteur ci-dessous (malheureusement, seules les 10 premières minutes ont été mises à disposition par Parenthèse Radio) :

Ces femmes victimes du surendettement

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Ce 10 décembre 2008, il était donc question des femmes (c’est le créneau de l’émission « Féminin Singulier ») qui assument seules ou en couple, les difficultés financières. Dans les faits, il s’agissait d’aborder le sujet du surendettement des ménages français, tout simplement.

Plusieurs interrogations ont guidé les échanges : Pourquoi les crédits à la consommation et (surtout) les crédits revolving contribuent-ils largement au surendettement ?  Le crédit est-il une bonne réponse au besoin d’argent ? Comment éviter les pièges ? Quelle est la responsabilité des établissements de crédit ?

Mais aussi : Quelles sont les solutions face au surendettement ? Les commissions de surendettement constituent-elles le seul recours possible ? Le rachat de crédits n’est-il pas une solution alternative ? Dans quels cas ? En quoi les courtiers en rachat de crédit peuvent-ils aider à résoudre des situations de surendettement ?

Au cœur du débat : le crédit revolving

Le recours au crédit reste une bonne solution au besoin d’argent. Basiquement, il permet d’envisager des projets et d’anticiper l’avenir, c’est indéniable. En ce sens, le crédit est un organe vital des sociétés modernes. Il permet à tous de créer, de bâtir et d’aller de l’avant. Le crédit immobilier en est l’exemple le plus frappant – combien d’entre nous pourraient devenir propriétaires sans recourir au crédit immobilier ?

Mais bien évidemment, comme beaucoup de choses en ce bas monde, le crédit n’est vertueux que lorsqu’il est géré raisonnablement, « en bonne mère de famille » (pour l’occasion, accordons l’expression consacrée au « féminin singulier »). Et c’est bien cette mise en garde qui justifie le principal « coup de gueule » de l’animatrice : comment peut-on laisser les sociétés de crédit revolving distribuer leurs produits avec si peu de transparence ?

Bonne question en effet. Dommage que l’émission ne se soit pas fait l’écho du projet de loi de Philippe Marini, pourtant sous les feux de l’actualité !  Ce projet de loi vise justement à interdire aux grandes surfaces de distribuer des crédits revolving et à mettre les établissements de crédit face à leurs responsabilités.

Car le fond du problème est là : le crédit revolving ne dit pas son nom là où il se vend le plus : dans les grands magasins. Ainsi, en acceptant la carte du magasin X, que le conseiller ou la conseillère lui présente comme étant une « carte de fidélité améliorée, avec une réserve pratique« , ou encore comme une « carte de paiement différé , avec tout plein d’avantages« , la consommatrice (accordons toujours au « féminin singulier ») n’a pas toujours pleinement conscience de toutes les conditions attachées à l’utilisation de cette carte. Et en premier lieu les taux appliqués, très élevés (ce qui n’est d’ailleurs pas le problème car, tout normalement, ces taux rémunèrent  le risque bancaire plus élevé sur ce type d’opérations, le coût de l’argent à court terme, l’anticipation des hausses de taux futures sur les marchés financiers, le service et la marge de la société de crédit…). Non, encore une fois, le problème ici est bien le manque de communication et de transparence sur le taux et ses modalités d’application au moment de la vente de la carte. Auquel il faut ajouter un second vrai problème : le manque (euphémisme) de vérification de la solvabilité de la cliente sur le lieu de vente.

En tout cas, quand bien même son mode de distribution serait assaini, le crédit revolving, comme l’a souligné Jean-Jacques Defaix, ne saurait être un outil de financement de projets. Un outil de différé ou d’étalement de paiements, oui, avec parcimonie (pendant les soldes par exemple), mais ô grand jamais un outil de financement de projets, ni de financement de biens de première nécessité, et encore moins un outil de financement des traites d’autres crédits !

Les solutions face au surendettement

Lorsque l’accumulation des dettes devient un fardeau insurmontable et que le poids du remboursement des différents crédits ne cesse de croître, mois après mois – soit parce qu’un accident de la vie est survenu licenciement, perte du conjoint, accident…), soit parce que la consommation de tous types de biens est devenue par trop compulsive (on parle alors de surendettement actif), soit parce que les crédits revolving s’accumulent pour rembourser les autres crédits (dans une course perdue d’avance), soit du fait d’une conjonction de plusieurs de ces situations -, alors là oui, saisir la commission de surendettement est souvent le dernier recours possible.

Mais attention, saisir la commission de surendettement n’est pas un acte anodin ! La démarche conduit au fichage FICP (avec impossibilité de souscrire de nouveaux crédits pendant plusieurs années…) ou, pire, à la faillite civile (vente de tous ces biens, dont sa maison si l’on est propriétaire, comme l’a souligné Jean-Jacques Defaix). Recourir à la commission de surendettement est de toute façon une procédure longue et douloureuse, qu’il ne faut affronter qu’en cas de nécessité absolue !

Avant d’en arriver à cette extrémité, il faut bien évidemment, dans un premier temps, essayer de stopper toutes les dépenses qui sont inutiles ou dispensables… En clair : se serrer la ceinture le temps du remboursement progressif des principales dettes. Malheureusement, face à un accident de la vie, ou lorsque les revenus du foyer sont tout juste suffisants pour couvrir les dépenses de première nécessité, ou encore lorsque l’endettement est déjà trop avancé, l’application de cette politique de rigueur peut ne pas suffire, voire s’avérer impossible.

Le rachat de crédits est alors la solution à envisager, à mi-chemin entre réduction des dépenses mensuelles et solution d’urgence. En quoi cette solution consiste-t-elle ? Un organisme bancaire spécialisé rembourse tous vos crédits auprès de vos différents créanciers, puis vous octroie un nouveau prêt (qui remplace tous les autres) sur une durée plus longue. De cette façon, vos mensualités peuvent baisser jusqu’à -50% à -60%. C’est une vraie solution de gestion : vous n’avez plus qu’un seul créancier et une seule mensualité réduite. Evidemment, cette opération a un coût (qui rémunère le prêteur et le risque pris), dans la mesure où vous remboursez ce nouveau crédit sur une période un peu plus longue. Mais concrètement : vos comptes sont chaque mois dans le vert, vous retrouvez un pouvoir d’achat normal, vous pouvez anticiper l’avenir (épargner). Et pour les propriétaires : vous conservez votre maison !

Post scriptum : lofteuse un jour, lofteuse toujours ?

Bien que découverte par le grand public lors de sa participation au premier reality show français, Loft Story, en 2001, Kenza Braiga est avant tout animatrice radio. Elle a débuté sur Beur FM et sur Ado FM, puis sur NRJ en 2001, avant d’animer plus de 200 émissions sur Radio Orient (« 100% Femmes »). Elle a ensuite été chroniqueuse sur Le Mouv, et sur la chaîne musicale ZIK (dans l’émission « Le Boudoir »). Elle anime aujourd’hui l’émission « Féminin Singulier » sur Parenthèse Radio, du lundi au jeudi de 17H à 19H.

Elle est également l’auteur de « Un jour, j’ai quitté Bagdad » (Mango Documents), « J’ai deux amours » (Editions1), « Deux femmes en colères » (Ramsay), « Filles indignes » (Edition du Rocher), et participe à « Femmes amoureuses » (Collectif, Blanche). Depuis 2003, elle est marraine d’honneur du mouvement « Ni Putes, Ni Soumises ».

  1. credit-crise,

    Il est certain qu’il faut faire très attention à ne pas prendre n’importe quel crédit. Chaque problème a sa solution, mais il faut faire de bons choix … Ne pas prendre un credit renouvelable pour acheter une voiture, et préférer un crédit personnel

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